Il n'y a pas de Ajar (Delphine Horvilleur)

En votre compagnie        Mise en scène : Johanna Nizard et Arnaud Aldige


Lundi 11/05 à 21h, durée: 1h15
+12 ans
Pour sa première pièce de théâtre, Delphine Horvilleur fait le pari d’un monologue au sous-titre un peu énigmatique : Monologue contre l’identité. Face à la multiplication des revendications identitaires et communautaires, elle nous montre que nous ne sommes jamais « ce que nous pensons être ».
Nous sommes juif, musulman, chrétien, agnostique… mais pas que. Nous sommes aussi homme, femme ; père, mère, etc., donc la somme d’une addition de possibles nous-mêmes, toujours en perpétuel devenir.
Ce qui aurait pu tourner au discours philosophique devient, grâce à l’humour de son autrice et au fascinant pouvoir de métamorphose de son interprète, une brillante démonstration sur les multiples identités dont nous sommes constitués et un propos contre toutes les intolérances.
Note d'intention et autres informations :

 « Il y a plusieurs années de cela j’avais proposé qu’on place une nouvelle fête dans nos calendriers civils et religieux. Aux côtés de la Pâques (chrétienne ou juive), je souhaitais voir figurer une fête de “pas que”, une journée par an où l’on se souviendrait qu’on n’est “pas que”... Pas que juif, pas que musulman ou chrétien, pas que français, pas qu’homme ou femme. Tandis que nous étouffons sous les assignations communautaires, les obsessions identitaires, et tout ce qui nous enferme avec “les nôtres”, il m’est soudain apparu qu’un homme détenait une clé pour nous faire penser. Cet homme s’appelle Ajar, à moins que cela ne soit pas son nom et qu’il n’ait jamais existé. Il est l’homme qui n’est jamais “que” ce qu’il dit qu’il est. Est-il l’auteur ou la victime d’une manipulation littéraire ? J’ai imaginé que cet homme/fiction littéraire avait donné naissance à un être qui nous parle aujourd’hui de politique et de religion, de la force de la littérature ou de la vulnérabilité de nos narcissismes.
Ajar nous rappelle une évidence : nous sommes les enfants des livres que nous avons lus et des histoires qu’on nous a racontées, bien plus que de nos identités d’origine. Voici le monologue d’un homme qui a lieu dans ma tête ou dans la vôtre et qui nous dit qu’on n’est pas “que nous”. ».
Delphine Horvilleur

Delphine Horvilleur, rabbin au sein de l'association Judaïsme en Mouvement, dirige la revue de pensées juives Tenou'a. Elle a écrit de nombreux livres, parmi lesquels Réflexions sur la question antisémite et Vivre avec nos morts. Elle dit que le métier le plus proche de celui de rabbin est celui de conteur, et croit à la force du récit qui nous relie. Il n'y a pas de Ajar est son premier texte écrit pour le théâtre.
Elle nous livre ici la savoureuse histoire d’Abraham Ajar, fils imaginaire d’Émile Ajar, écrivain fictif inventé par Romain Gary. « Tandis que nous étouffons sous les assignations communautaires, les obsessions identitaires, et tout ce qui nous enferme avec « les nôtres », il m’est soudain apparu qu’un homme détenait une clé pour nous faire penser. Cet homme s’appelle Ajar, à moins que cela ne soit pas son nom et qu’il n’ait jamais existé. Il est l’homme qui n’est jamais « que » ce qu’il dit qu’il est. J’ai imaginé que cet homme/fiction littéraire avait donné naissance à un être qui nous parle aujourd’hui, de politique et de religion, de la force de la littérature ou de la vulnérabilité de nos narcissismes ».

Après le Conservatoire de Nice, Johanna Nizard rentre à L’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes. Au théâtre, elle joue Shakespeare, Goldoni, Sarraute, Brecht, Marivaux, Schnitzler, Aragon, Schiller, Montherlant, Duras, Fosse, Dario Fo, Laurent Mauvignier, qui écrira pour elle Une légère blessure. On l’a vu à la télévision dans la Série 10% et au cinéma, où elle joue pour Michel Hazanavicius, Éric Besnard, Leos Carax, Solveig Anspach. Pour Il n’y a pas de Ajar, elle écrit : « Espace de jeu délimité. Ring de lumière. Des sons. Absence de vidéo. Transformation à vue. Apparence de rien. Apparence seulement. Ce sont nos pistes pour aborder le travail de mise en scène, avec la langue de Delphine comme guide et l’humour comme principal moteur d’écriture ».

Ce qu'ils en disent :
« Ce spectacle transcende grâce au texte et l’interprétation de la comédienne, le public est happé par toutes les métamorphoses identitaires et les voix qui les accompagnent ». Le Bruit du Off
« Johanna Nizard livre une performance vertigineuse qui donne chair à un personnage multiple né d’une imposture littéraire. Par son interprétation inouïe, Il n’y a pas de Ajar devient un tourbillon théâtral où se percutent les fictions, les identités et les vérités que certains se plaisent à croire immuables ». M la scène
« Un texte fort, une interprétation magistrale : inspirées par Romain Gary, Delphine Horvilleur et Johanna Nizard créent leur propre entourloupe littéraire, incisive et hilarante ». La Terrasse

Audacieuse, attentive, sa pensée raconte, caracole et interroge. Elle bouscule les évidences et les certitudes, s’aventure au-delà de ce qu’on croit savoir. Une belle promesse que ce monologue chatoyant.
Agnès Santi, La Terrasse



Interprétation :
Johanna Nizard

Quelques images du spectacle


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Crédit photos : Almaïn et Pauline Le Goff


L'équipe du spectacle :

mise en scène : Johanna Nizard et Arnaud Aldige ;

création sonore : Xavier Jacquot ;

création lumière, scénographie : François Menou ;

création maquillage : Cécile Kretschmar assistée de Jean Ritz ;

création costume : Marie-Frédérique Fillion ;

collaborateur artistique : Frédéric Arp ;

conseiller dramaturgique : Stéphane Habib ;

regard extérieur : Audrey Bonnet.


Pour en savoir plus :
Site internet de la compagnie.